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BUDGET 2010 de la Ville de Rungis
Le Conseil municipal du 29 mars a voté le budget de la Ville pour 2010.
Un budget qui se caractérise par la stagnation des recettes en raison de la réforme fiscale.
Mais malgré cet aléa, le taux de la fiscalité rungissoise (le plus bas du département) sera maintenu au niveau de 2009. Il n’y aura donc pas d’augmentation d’impôts à Rungis. Éladio Criado, maire adjoint en charge des finances nous présente les particularités de ce budget 2010.
LE JOURNAL DE RUNGIS : Le Conseil municipal vient de voter le budget de la Ville pour 2010. Comment définiriez-vous la politique fiscale de votre équipe municipale ?
ÉLADIO CRIADO : Notre politique vise le maintien de notre capacité d’autofinancement.Notre volonté est d’éviter de faire appel à l’emprunt et d'utiliser nos réserves pour investir de façon pertinente. En d’autres termes nous épargnons pour financer raisonnablement nos investissements.
LE JOURNAL DE RUNGIS : Vous avez préféré « économiser » plutôt que d’emprunter ?
ÉLADIO CRIADO : Oui c’est exactement cela, en raison même des incertitudes qui planaient depuis plusieurs années sur la réforme de la Taxe Professionnelle qui, comme chacun sait, est une ressource importante pour notre ville.
L’autre façon de procéder aurait été, faute de réserves suffisantes, de faire appel à l’emprunt pour investir, comme cela a été fait par nos prédécesseurs de 1989 à 1995.
Cette option n’est pas critiquable en soi, mais elle présentait pour nous, deux inconvénients non négligeables :
• Les intérêts des emprunts auraient chargé les coûts de fonctionnement de la Ville qui doivent être obligatoirement et uniquement équilibrés par les recettesqui sont :
- prix des prestations aux Rungissois,
- taxes locales,
- subventions de l’État qui stagnent volontairement (moins de 4.97 % d’évolution en 5 ans)
• Endetter la Ville ne semblait pas opportun face à l’incertitude qui pesait sur la pérennité de nos ressources fiscales liées à la Taxe Professionnelle (67 % de nos recettes en 2010).
LE JOURNAL DE RUNGIS : En conséquence ?
ÉLADIO CRIADO : En conséquence, notre choix s’est avéré gagnant puisque la réforme de la TP a eu un impact immédiat sur 2010.
Il faut bien noter que nos recettes fiscales progressent seulement de 160 554 € au lieu de 580 507 €, si nous avions pu appliquer les bases Taxe Professionnelle qui sont en hausse.
En relevant les taux en 2009, nous avons surtout réussi à augmenter les recettes de la Taxe Professionnelle qui ont été reversées à l’identique par l’état en 2010, année de transition pour
appliquer la réforme.
Car une chose est certaine, dans le contexte actuel de la réforme l'État versera à Rungis une compensation relais équivalant à l’euro près au produit de taxe professionnelle de l’année 2009
soit 15 375 000 €. Si nous n’avions pas relevé les taux en 2009, la compensation aurait été de 1 056 550 € inférieure, ce qui n'est pas négligeable.
LE JOURNAL DE RUNGIS : Des recettes qui stagnent, soit ! Mais qu’allez vous faire de ces ressources ?
ÉLADIO CRIADO : Face à des recettes qui devraient stagner, nous prévoyons de stabiliser nos coûts de fonctionnement en adaptant nos dépenses 7 006 707 € (+0.5 %). Nous continuons notre réflexion sur un mode de gestion responsable des effectifs et de la masse salariale 10 909 800 € (+ 4,6 %) qui est un sujet sensible, puisqu’il représente 44 % de nos dépenses.
Toutefois je rappelle que la moyenne nationale de notre strate de population est de 52 %.
LE JOURNAL DE RUNGIS : Concrètement, comment cela se traduira-t-il dans le quotidien des Rungissois ?
ÉLADIO CRIADO : Pour 2010, nous voulons mettre au coeur de notre stratégie municipale :
• Une politique sociale et solidaire au service des Rungissois
Dans ce contexte économique et fiscal difficile, mais tenant compte des économies cumulées sur les derniers exercices (8 143 439 €) et d’un échelonnement raisonnable de nos dépenses d’investissement, nous avons décidé de poursuivre notre politique sociale et solidaire.
• La première mesure vise les taux de l’ensemble des taxes (Habitation, Foncier Bâti et non Bâti, Enlèvement des ordures ménagères) que nous avons décidé de ne pas bouger.
• Parallèlement l’application en 2010 des nouveaux barèmes des quotients familiaux devrait permettre, selon nos estimations, une baisse sensible du coût des prestations facturées par la ville (restaurant scolaire, garderie, étude, centres aérés, colonies de vacances.).
• Nous maintiendrons nos aides pour les plus démunis à travers le CCAS. • Le soutien aux associations est également maintenu : 2 914 434 € soit 11.8 % de nos dépenses. Pour bien apprécier ce qu’il représente budgétairement, il faut le mettre en face de la contribution des Rungissois (Taxe d’Habitation + Taxe Foncière) 875 000 €.
• Nous avons réservé le maximum de logements sociaux dans le programme dit « de la Grange Doublet » (525 000 €).
• L’entretien du patrimoine et la création de nouveaux équipements.
En espérant éviter d’autres aléas de chantier, nous poursuivrons en 2010 nos projets pour faire bénéficier les Rungissois des équipements plus modernes, plus confortables, plus ergonomiques et plus durables (6 150 000 €).
L’environnement (1 413 500 €) et la sécurité (251 000 €) sont des thèmes qui prennent également une place majeure dans nos réflexions et nos actions.
Nous continuerons tous les programmes pluri annuels sur les voiries (2 022 000 €), la mise en accessibilité des bâtiments (472 000 €), la vidéo assistance, l’éclairage public.
Nous avons également prévu de faire des acquisitions foncières (680 000 €) pour nos projets futurs ou pour figer des espaces encore verts.
LE JOURNAL DE RUNGIS : Le budget 2010 est bouclé… mais gouverner c’est prévoir ! Comment envisagez-vous le budget 2011 ?
ÉLADIO CRIADO : (rires !) Nous avons peu de certitudes et attendons avec quelques craintes la prochaine loi de finances !

